-- INTERVIEW -- 


Vitalic commence à devenir un habitué de notre machine OX avec pas moins de trois passages derrière les platines. A l’occasion de la date à La Sirène de La Rochelle, le producteur français a pris la temps de répondre à nos questions sur son expérience OX, nous parler de l’installation lumineuse qui l’a le plus marqué et nous teaser également son prochain album teinté de « rétro­futurisme ».


TACC : Est-­ce que tu avais déjà joué sur une telle installation lumineuse ?
Vitalic : Oui, j’ai toujours des scénographies sur mes tournées.


TACC : Est­-ce que c’est important pour toi qu’il y ait autant de visuel ?
Vitalic : Je pense que c’est important si cela raconte quelque chose. Si c’est juste histoire de clignoter, ce n’est plus si nouveau et si intéressant. En revanche, si c’est en correlation avec la musique, c’est important.


TACC : Et c’est le cas avec la machine OX ?
Vitalic : C’est le cas oui puisqu’il y a un logiciel qui analyse la musique pour la retranscrire visuellement en temps réel. C’est aussi une installation très mécanique, cela va très bien avec la musique électronique.


TACC : Du coup, est­-ce que tu as passé des titres exprès pour voir comment la machine allait réagir ?
Vitalic : Non, car il n’y a pas eu de travail en amont sur cette machine ­ de toute façon, ce n’est pas le principe puisqu’elle est censée s’adapter en temps réel.


TACC : Qu’est­-ce que tu as ressenti à l’intérieur de la machine ?
Vitalic : C’est une sensation que je connais bien, d’être à l’intérieur du dispositif, et c’est ce que j’aime aussi sur mes shows en festival ou en salle de concert. En club, cela passe très bien, même s’il m’est arrivé de tourner pendant très longtemps dans de gros festivals rock où il y avait deux guitares, un bassiste et un batteur sur scène et tout d’un coup hop, on enlève tout et c’était mon tour de jouer avec mes trois machines et mes douze cables. Cela fonctionnait très bien mais c’est aussi très plaisant d’être intégré à un tout, quelque chose de visuel et d’être dans cette lumière vivante.


TACC : Es­-tu allé voir de l’autre côté, dans le public, ce que cela donnait ?
Vitalic : La première fois que j’ai joué sur la machine OX (à L’Envers Club de Nancy NDLR) c’était compliqué puisque le club était assez étroit, donc ce n’était pas possible.


TACC : Est-­ce qu’il y a des installations lumineuses qui t’ont plus marqué que d’autres ? Daft Punk avec sa fameuse pyramide à Coachella par exemple, Jackson and his Computer Band lors de sa tournée en 2013 ou encore Four Tet avec son installation actuelle de LED 3D ?
Vitalic : Je n’y étais pas donc je ne peux pas trop parler des shows que je n’ai pu vus. En revanche, la dernière installation impressionnante que j’ai vue était celle d’Amon Tobin à Paris. C’est très difficile de décrire l’installation depuis le public tant c’était organique et géométrique. Ce n’est pas dans la salle, mais vraiment sur lui que cela se passait. De là où j’étais c’était difficile de distinguer si c’était des formes réelles avec de la projection dessus ou de la projection uniquement. C’était très puissant, on se perdait très vite.


TACC : Il se murmure que tu es en train de préparer un nouvel album.
Vitalic : Oui, je suis dessus actuellement.


TACC : Est­-ce que tu penses déjà à ton installation lumineuse en créant actuellement les morceaux ou bien est-­ce que cela va venir après que l’album soit bouclé ?
Vitalic : Je n’y pense en créant, non. Mais j’ai mon style de scénographie et d’éléments que j’utilise régulièrement. A chaque fois la scénographie change mais il y a quand même une signature qui vient du fait que je travaille beaucoup avec 1024 qui sont des architectes spécialisés dans les belles scénographies. Je ne réfléchis pas à cela en amont mais souvent, avant la clôture de l’album, ils interviennent et on commence à en discuter.


TACC : Donc tu prends vraiment part à l’installation lumineuse.
Vitalic : Bien sur ! Au moment de séquencer tout ça ­ puisque c’est pour le live la scénographie et les lumières sont séquencées exactement comme de la musique ­je crée les séquences, les outils sont créés par les techniciens, mais on séquence tout cela ensemble. On fait des répétitions au même titre que l’on en fait pour la musique.


TACC : On peut dire que tu es un vrai artiste de live ?
Vitalic : Oui, depuis que j’ai commencé puisque j’ai commencé par des lives avant de faire des disques.


TACC : Peux-­tu nous teaser un peu ce que tu vas sortir bientôt ou bien est-ce encore tenu secret défense ?
Vitalic : C’est toujours rétro­futuriste mais peut-­être un peu moins brut de décoffrage que mon dernier album. Il y a un peu plus de poésie.


TACC : Par quoi vas-­tu amener la poésie ?
Vitalic : Par un côté cosmique et rétro­futuriste. Je vais vraiment être dans cette veine là qui n’est pas particulièrement à la mode mais c’est celle qui me parle beaucoup en ce moment.


TACC : Dit comme ça, cela me fait penser à Com Truise; un mec qui fait des trucs rétro­futuristes sur Ghostly International. Il y a un retour de hype, non ?
Vitalic : Tu crois ? Je me demande vraiment parce que je vois des trucs un peu à droite à gauche.


TACC : Tu prends donc le risque de faire ça malgré tout ?
Vitalic : Ce n’est pas ça. Mais parfois, moi­-même je ne sais plus ce que l’on peut peut attendre de moi. J’ai fait de la musique de film, des Polka, des morceaux de techno très dure, du rock... Mais entre deux albums, je ne sais plus où aller, quelle direction prendre. Heureusement à chaque fois, je retrouve mon chemin. Passer de Rave Age ­ qui est vraiment très orienté techno pour les festivals car c’est une bande son de live ­ à ce que je suis en train de faire maintenant, c’est encore un grand écart, donc c’est forcément un peu stressant.


TACC : Pourquoi revenir vers cela alors ?
Vitalic : Ce n’est pas vraiment revenir, c’est creuser un autre sillon que j’avais déjà un peu exploité : la disco. Mais là c’est vraiment synthé­synthé avec des voix, chanté ! J’ai envie de revenir vers ça parce que c’est ce que j’ai vraiment beaucoup écouté ces derniers temps.


TACC : Tu as écouté quoi qui t’as inspiré pour l’album ?
Vitalic : Là encore, avant que tu rentres, j’écoutais « Automatic Lover » de Dee D. Jackson; un truc de 1978. C’est très cheesy ­ je saupoudre aussi un peu de cheesy car cela fait partie du truc dans cette musique cosmique évidemment, mais avec parcimonie. Je trouve ça vraiment chouette. Sinon, ça ratisse toujours très large, cela va de sensations à un moment donné ­ comme celles des attractions qui t’envoient de zéro à cent kilomètres/heure en quelques secondes ou l’ascenseur qui tombe d’un coup comme on peut trouver à Disneyland ­ à des trucs vraiment disco de 75 à 82 où on laissait le synthétiseur prendre vraiment la place. J’ai essayé de retranscrire cela. Mais évidemment je ne cherche pas à copier le passé, ce n’est pas le but. Mais je m’inscris toujours dans le rétro­futuriste.


TACC : Donc on devra ressentir des sensations fortes comme à Disneyland, en écoutant l’album ?
Vitalic : C’est ce que je cherchais, et pour le coup c’est ce que j’ai vraiment imaginé en scénographie.


TACC : Et ce nouvel album sortira quand ?
Vitalic : En octobre prochain !

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